Jeff Koons ou l'art usurpé

Parler de Jeff Koons, c'est un peu parler de rien et de tout. Après une formation artistique aux Beaux-Arts de Baltimore à Chicago, il commença sa carrière professionnelle comme trader à Wall Street.

Jeff Koons, un art remâché

Certains voient en lui un disciple de Marcel Duchamp. Pourquoi pas ? Si André Breton qualifiait Marcel Duchamp comme « l'homme le plus intelligent du siècle », et que ses ready-mades ont marqué à jamais l'art et l'ont propulsé parmi les artistes les plus importants dans l'histoire de l'art, tout ça s'est passé au 20ème siècle et il serait logique d'attendre un peu plus d'un artiste comme Jeff Koons.

A ces débuts dans les années 1980, il va s'inscrire dans le courant du Pop art, mais là aussi, il y a comme du réchauffé. Andy Warhol avait déjà fait le tour de la question depuis 20 à 30 ans.

Jeff Koons, le culte du kitsch

Alors comment expliquer un tel succès, un tel engouement chez les collectionneurs milliardaires, et de tels prix stratosphériques ?

Nos milliardaires ne seraient-ils attirés que par le kitsch, le bling-bling, l'inconsistance ?

Dans l'histoire récente, artistique ou commerciale : à vous de choisir, de Jeff Koons, se dégage une impression de titrisation de ses créations, comme des « subprimes artistiques ».

Jeff Koons s'inscrit parfaitement dans cette idéologie néolibérale axée sur une mondialisation débridée. Pour ses créations, il fait appel comme toute multinationale à plusieurs ateliers de petites mains dont l'un est situé à Chelsea, près de New York.

On le dit provocateur, mode d'expression fréquent chez les artistes, qui ne saurait à lui seul lui garantir une telle notoriété. Nous le qualifions d'excellent spéculateur qui a su organiser son « art industriel » spectaculaire, autour de ses ateliers et de ses marchands... une multinationale de l'hyperluxe.

Certes, il fait l'objet de prestigieuses expositions. Nous nous rappelons de celle organisée au Château de Versailles en 2008 où ses Balloon Dogs et son Rabbit (quel modernisme, quel sens de la provocation !) trônainent dans la galerie des Glaces et au milieu des parterres ; mais également de sa rétrospective au centre Pompidou en 2014. Un carnet d'adresses prestigieux s'avère toujours utile.

« Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît. » : le génial Michel Audiard aurait-il pu prononcer ses paroles en voyant les afficionados de Jeff Koons dépenser sans compter en espérant, mais sans vouloir l'avouer au grand dieu de l'Art, faire une bonne affaire ?

Jeff Koons, le nouveau veau d'or

Et pour enfoncer un peu plus le clou là où cela fait mal, nous allons vous présenter en guise de conclusion, quelques « oeuvres » de Jeff Koons où Mme la Fourmi de La Fontaine aurait jeté les gants.

Jeff Koons, Balloon Dog (version orange, il existe plusieurs nuances comme chez tout bon concessionnaire) a été vendu le 12 novembre 2013 chez Christie's à New York pour la bagatelle de 58 405 000 $. Ce qui en fait à ce jour, l'oeuvre la plus chère financée pour un artiste vivant.

Jeff Koons, Balloon Dog orange
Jeff Koons, Balloon Dog orange

Mais rassurez-vous, il vous sera possible d'acquérir un Balloon Dog dans une version de plus petite taille que celui vendu chez Christie's pour 12 000 $ sur le site 1stdibs :

Jeff Koons, Balloon Dog Yellow
Jeff Koons, Balloon Dog Yellow

Dans la série des ballons, continuons par le site Artviatic qui propose un Balloon Venus fuchsia pour la somme de 80 000 €.

Jeff Koons, Balloon Venus Fuchsia
Jeff Koons, Balloon Venus Fuchsia

Jeff Koons, BEAR AND POLICEMAN, adjugé 6 508 500 $ le 14 novembre 2018 chez Sotheby's.

Jeff Koons, BEAR AND POLICEMAN
Jeff Koons, BEAR AND POLICEMAN

Jeff Koons, Play Doh vendu le 17 mai 2018 chez Christie's pour la somme de... 22 812 500 $

Jeff Koons, Play Doh
Jeff Koons, Play Doh